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Les devoirs à la maison avec un enfant DYS ou TDAH : comment aider sans s’épuiser.

  • Photo du rédacteur: sylviane eugene
    sylviane eugene
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Les devoirs à la maison sont souvent un moment redouté par les parents d’enfants ou d’adolescents DYS ou TDAH.

Fatigue, tensions, conflits, sentiment d’impuissance… Ce temps censé prolonger les apprentissages devient parfois une véritable épreuve pour toute la famille.

Beaucoup de parents se sentent démunis et se demandent s’ils en font trop, pas assez, ou s’ils s’y prennent mal.

La réalité est pourtant plus rassurante : les devoirs scolaires classiques ne sont pas adaptés au fonctionnement des élèves DYS ou TDAH.


Cet article vous aide à y voir clair, en abordant les principaux points de vigilance, et des pistes concrètes pour accompagner votre enfant sans vous épuiser.



Carte mentale des devoirs à la maison pour les enfants DYS et TDAH : cadre, PAP, organisation et autonomie


Pourquoi les devoirs sont-ils si difficiles pour les enfants DYS ou TDAH ?


Après une journée d’école qui sollicite fortement des mécanismes d’apprentissage fragilisés, les enfants et adolescents DYS ou TDAH rentrent souvent épuisés à la maison.

Les devoirs leur demandent alors de fournir de nouveaux efforts, alors même qu’ils ont mobilisé toute leur énergie pour tenir en classe.


Ainsi :

  • un enfant dyslexique doit encore relire plusieurs fois une consigne qu’il ne comprend pas,

  • un adolescent dyspraxique se décourage face à l’idée de devoir encore écrire, ou de tenter d’ organiser son travail,

  • un enfant TDAH, fatigué d'avoir essayé de ne pas bouger en classe, se lève sans cesse, se disperse, oublie ce qu’il était en train de faire.

 

Les devoirs peuvent alors devenir insupportables, même si l’enfant ou l’adolescent est volontaire.

 

Ce que vivent les parents pendant les devoirs à la maison


Ils deviennent répétiteurs de consignes, contrôleurs permanents, parfois même enseignants à la maison.

Ce glissement est épuisant. Il crée des tensions quotidiennes, de la frustration et un sentiment d’échec parental.


Beaucoup de parents expriment :

  • « À la maison, rien ne fonctionne »

  • « On finit toujours par se disputer »

  • « Les devoirs prennent toute la soirée, voire le week-end »*

 

Ce malaise n’est pas un signe d’incompétence parentale. Il est très souvent lié à l’absence de méthodes d’apprentissage et d’accompagnement adaptées aux troubles DYS/ TDAH.

 

S’appuyer sur le PAP ou le PPS pour adapter les devoirs à la maison


Les parents peuvent — et doivent — s’appuyer sur le PAP ou le PPS de leur enfant, y compris à la maison.

Ces documents donnent des repères concrets pour tenir compte des besoins spécifiques de l’élève DYS/TDAH.


Quelques exemples de repères :

  • privilégier l’oral pour vérifier la compréhension,

  • fractionner les devoirs en petites étapes,

  • reformuler les consignes,

  • travailler par séquences courtes avec des pauses régulières,

  • utiliser un minuteur pour rendre le temps visible...


Ces adaptations  permettent d’accéder aux apprentissages dans de meilleures conditions..

 

Installer un  cadre et une routine rassurants


Un cadre clair, sécurisé, évite les négociations permanentes et limite l’épuisement parental.


Avec les plus jeunes :


  • définir le temps journalier à  consacrer aux devoirs, en tenant compte de la fatigue si nécessaire,

  • dédier un lieu, calme, avec seulement le matériel nécessaire sur la table ou le bureau,

  • pratiquer  une routine de démarrage courte et connue : un goûter en rentrant, une pause de 20-30 minutes sans écran, commencer par un exercice facile, alterner courtes séquences de travail ( 15 mn) et pauses régulières.


À l’adolescence, il s'agit de poser un cadre clair tout en laissant davantage de responsabilité :

 

  • démarrer les devoirs à heure fixe, après un temps de pause,

  • toujours au même endroit, calme et sans surcharge visuelle,

  • s’aider d’un emploi du temps hebdomadaire pour le travail à la maison,

  • noter les devoirs à faire et poser le téléphone hors de portée, 

  • commencer par la matière la plus accessible ou la plus appréciée,

  • intégrer des pauses régulières sans écrans: se lever, boire un verre d’eau, bouger quelques minutes.

 

Aider son enfant ne veut pas dire faire à sa place


Pour éviter les conflits, certains parents finissent par donner directement les réponses et faire à la place de leur enfant :Si la situation se calme sur le moment, agir ainsi empêche de comprendre comment apprendre et s’organiser seul.


Accompagner, ce n’est pas remplacer,  aider  à trouver ses propres mécanismes d’apprentissage .Ceci est d’autant plus important qu’au moment de l’adolescence, l’enfant éprouvera le besoin d’être autonome et rejettera l’aide parentale quitte à se mettre en difficulté.


Voici quelques conseils pratiques :


 Pour les plus jeunes :

  • aider à comprendre la consigne en la lisant à voix haute, ou en la reformulant avec des mots simples,

  • encourager à expliquer ce qui est compris avant de commencer,

  • guider par des questions en évitant de donner directement la réponse, même si l’enfant hésite.

  - « Qu’est-ce que tu dois faire en premier ? »

- « Comment as-tu fait à l’école ? »

- « De quoi as-tu besoin pour t’aider ? »


Pour les adolescents :

  • aider à organiser la séance (par quoi commencer, combien de temps, quelles priorités) ;

  • vérifier la compréhension de la consigne en demandant :« Qu’est-ce que tu dois faire exactement ? » ;

  • se retirer, en restant disponible en cas de besoin.

 

Répartir les tâches sur la semaine


Un point essentiel est souvent sous-estimé par les parents : les devoirs ne s’organisent pas seulement sur une séance ou un week-end, mais sur la semaine.

Chez les enfants et adolescents DYS ou TDAH, la fatigue cognitive arrive vite. Chercher à tout faire en une seule fois augmente les blocages, l’agitation ou le découragement.

 

Sur la semaine, certains apprentissages gagnent à être étalés :

  • la poésie,

  • les mots de dictée,

  • les leçons à mémoriser.

Apprendre une poésie sur plusieurs jours, permet d’éviter une surcharge cognitive et favorise une mémorisation plus durable.

 

Cela est aussi valable un adolescent : travailler régulièrement permet de mieux suivre en classe, de mieux travailler à la maison, d’éviter le bachotage juste avant les contrôles qui ne permet pas de mémorisation à long terme

 

Conclusion : préserver la relation et l’autonomie


Les devoirs à la maison ne devraient jamais détruire la confiance de l’enfant, ni épuiser les parents. Lorsqu’ils deviennent une source de stress permanent, un ajustement est nécessaire.

S’appuyer sur le fonctionnement de l’enfant, sur les aménagements du PAP ou du PPS, et sur une approche méthodologique adaptée permet de retrouver un climat plus serein.



Ne laissez pas les difficultés s’installer.

Un premier échange permet de faire le point sur la situation de votre enfant, sans engagement, simplement pour comprendre ce qui se joue et voir si un accompagnement est pertinent.



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