Écrans : comment accompagner son enfant dans un usage raisonné du numérique ?
- sylviane eugene
- 5 nov. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 déc. 2025
Entre les outils d’apprentissage, les jeux, les réseaux sociaux et le divertissement, les écrans sont partout : smartphone, tablette, ordinateur, console de jeux ou télévision. Face à cette omniprésence, beaucoup de parents s’interrogent : comment introduire ces outils dans la vie de leurs enfants sans nuire à leur développement ?
Rassurez-vous : l’objectif n’est pas d’interdire, mais d’accompagner avec discernement.

Cet article propose des conseils simples, adaptés à chaque âge, pour faire du numérique un allié du développement, et non un obstacle.
Pourquoi les enfants et les jeunes sont-ils tant attirés par les écrans ?
Les écrans proposent un cocktail extrêmement stimulant pour le cerveau : couleurs vives, sons, mouvements, échanges rapides, likes, clics… Autant d’éléments qui activent le circuit de la récompense, un système du cerveau qui réagit aux stimulations plaisantes en provoquant des sensations agréables immédiates.
Ce circuit est particulièrement sensible chez les enfants et les adolescents. Sa sursollicitation rend plus difficile la mobilisation des zones cérébrales impliquées dans l’effort et la concentration.
Comme l’explique le neuroscientifique Steve Masson : « Les récompenses immédiates favorisent des apprentissages rapides, mais superficiels, tandis que l’effort cognitif construit des apprentissages durables. »
Comment bien introduire les écrans dans la vie des ados et des enfants ?
Privilégier la qualité plutôt que la quantité
Le temps d’écran seul ne suffit pas à évaluer l’impact du numérique sur un enfant. Il faut aussi tenir compte de la qualité du contenu, et de la manière dont il est vécu. Un documentaire, regardé et commenté en famille, n’a pas le même effet qu’une succession de vidéos passives sur les réseaux.
Quelques repères pratiques :
Favorisez les activités interactives : jeux éducatifs, créations, recherches guidées.
Partagez l’expérience : regarder ensemble permet d’échanger, d’expliquer, de questionner.
Intéressez-vous à ce que regardent vos enfants ou vos ados, à leurs jeux vidéo et à leurs séries : comprendre ce qui les attire, c’est aussi mieux les accompagner.
Aidez-les à différencier les différents usages : se divertir, apprendre, se détendre. Expliquer ces distinctions leur apprend que tous les usages ne se valent pas.
Aider à protéger l’attention
Notre cerveau n’est pas fait pour gérer plusieurs sources d’attention simultanément. Le
multitâches est une illusion qui perturbe la concentration. Il est donc important d’apprendre à votre enfant, ou à votre adolescent, à préserver son attention, d'autant plus que les sollicitations numériques sont constantes.
Conseils utiles :
Fermez les applications non essentielles pendant les devoirs.
Désactivez les notifications pour limiter les interruptions.
Créez des zones sans écran (repas, chambre, temps de sommeil).
Et pour les ados :
→ Encouragez-les à prévoir des temps de déconnexion volontaire (désactiver les notifications le temps d’un travail scolaire, ou d’une activité sans écran).
→ Aidez-les à comprendre que faire une chose à la fois, c’est aussi gagner du temps et du bien-être.
Préserver l’équilibre général de votre enfant ou de votre ado
Les écrans peuvent empiéter sur des besoins essentiels comme le sommeil, la vie sociale ou l’activité physique. Préserver des temps “hors écran” est indispensable pour soutenir le bon développement de votre enfant.
Les interactions réelles nourrissent le langage et les émotions, le sommeil consolide la mémoire, les jeux physiques et les activités sportives entretiennent la santé. Trouver le bon équilibre, c’est aider son enfant à grandir dans toutes les dimensions de sa vie, et pas seulement dans le monde numérique.
Des repères adaptés à chaque âge
Les repères d’âge proposés ici sont des indications générales à adapter selon la maturité, la personnalité et le rythme de chaque enfant. Toutefois, avant 3 ans, le cerveau n’est pas prêt à régir les stimulations rapides des écrans. Ensuite, chaque enfant évolue à son propre rythme : certains sont prêts plus tôt, d’autres plus tard.
Ce qui compte avant tout, c’est l’accompagnement, le dialogue et la qualité des interactions autour des écrans.

Avant 6 ans : découvrir le monde réel d’abord
Durant les premières années, les enfants apprennent en manipulant, en observant et en interagissant. Les écrans ne remplacent pas ces expériences sensorielles et relationnelles. Ils peuvent être utilisés ponctuellement, à condition d’être partagés et expliqués.
Avant 3 ans : privilégier le jeu, l’échange et le contact humain.
Entre 3 et 6 ans : des contenus courts, adaptés, regardés ensemble et discutés.
Éviter les écrans avant le coucher pour préserver le sommeil.
De 6 à 11 ans : apprendre à utiliser sans subir
À l’école primaire, les écrans deviennent aussi des outils d’apprentissage. C’est le moment idéal pour apprendre à différencier un usage actif (chercher, créer, comprendre) d’un usage passif (regarder sans réfléchir). Les parents peuvent accompagner cette transition en instaurant un cadre régulier et bienveillant.
Établir un contrat familial sur l’usage des écrans : horaires, règles, priorités.
Alterner les temps d’écran et les activités physiques, créatives ou sociales.
Encourager les usages éducatifs (documentaires, quiz, jeux d’apprentissage).
Dès 12 ans : encourager l’autonomie numérique
À l’adolescence, les écrans deviennent un espace social incontournable. L’enjeu n’est plus d’interdire, mais d’aider à développer la responsabilité et la régulation personnelle. Le dialogue devient alors essentiel.
Fixer ensemble les règles de déconnexion (temps d’écran, lieux sans écran).
Discuter des réseaux sociaux : vie privée, respect, fausses informations.
Préserver le sommeil : pas d’écran dans la chambre, ni avant le coucher.
Poser un cadre clair et bienveillant
Les écrans ne sont ni des ennemis ni des solutions miracles. L’essentiel est d’instaurer un cadre clair, cohérent et bienveillant. Le contrôle parental peut être un appui utile, s’il est présenté comme un accompagnement, pas une surveillance.
Accompagner, c’est surtout montrer l’exemple. Un parent qui met de côté son téléphone pendant les repas ou qui limite ses propres notifications enseigne plus par ses actes que par ses mots.
Grandir avec les écrans, c’est apprendre à les maîtriser
Les écrans ne sont pas un danger en soi. Tout dépend du cadre, du contenu et du dialogue.
Parce que les écrans font désormais partie du quotidien des jeunes, j’en parle toujours dans mes accompagnements. Ensemble, nous apprenons à en faire un outil d’apprentissage et non seulement une source de distraction, afin qu’ils soutiennent la réussite et la confiance plutôt qu’ils ne les freinent.
👉 Pour aller plus loin : découvrez dès maintenant comment accompagner votre enfant, dans un cadre rassurant, pour apprendre efficacement, même à l’ère du numérique.
Cet article s’inspire des travaux des neuroscientifiques Grégoire Borst, Franck Ramus, Steve Masson et Stanislas Dehaene.



