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SE DEVELOPPEMENT - Sylviane EUGENE

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Les écrans : faut-il les bannir ?

16.01.2020

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La réussite scolaire pour tous

Son métier s’apparente à un minutieux travail d’enquêtrice. Sylviane Eugène pose des questions précises, « toujours ouvertes », et provoque des révélations co- gnitives, intimes et libératrices. Dis-moi comment tu apprends, tu comprendras comment réussir ! Rencontre. 

 

Concrètement comment ça se passe une séance chez Sylviane Eugène ?

(Sourire) Tout d’abord, il faut être clair avec le motif du rendez-vous : les difficultés scolaires à partir du CP jusqu’au Post Bac. Souvent, il s’agit d’enfants ou de jeunes qui travaillent beaucoup sans voir leurs notes s’améliorer, au prix d’une certaine détresse. Comme nos cerveaux fonctionnent tous différemment, je vais entamer un travail pour découvrir la manière de faire qui marche pour eux, et donc leur apprendre à apprendre. 

 

Comment procédez-vous ? 

J’installe une sorte de jeu entre l’enfant/le jeune et moi, et partir de matériel extrascolaire (un conte, des figurines, des logos, des cartes...) que j’adapte en cas de haut-potentiel, troubles dys... Le but est de trouver « comment il fait » pour retenir une poésie, comprendre et répondre à une devinette, mémoriser une image... Ensuite, nous regardons comment nos découvertes peuvent s’appliquer à ce qui pose problème à l’école. 

 

Vous recevez exclusivement dans votre bureau à Schoelcher ?

En plus des rendez-vous individuels, je suis intervenue cette année dans 

deux collèges, avec des classes de 5ème. L’approche est un petit peu différente mais l’impact est là aussi très fort, et les retours des professeurs comme de certains élèves extatiques (sourire) invitent à poursuivre ces ateliers. Je propose également des conférences aux fédérations de parents d’élèves sur des thématiques clés, « la place des écrans dans l’apprentissage », « comment accompagner l’enfant dans son travail scolaire »...

 

« Vous apprenez à apprendre » mais votre métier n’a pas d’intitulé précis... c’est le signe qu’on s’intéresse trop peu aux mécanismes de l’apprentissage ? 

(rires) Sans doute. Les parents disent que je suis « la dame qui remonte les notes ». Et les enfants m’expliquent que je suis là « pour les aider à l’école ». C’est simple comme métier en fait, non ?

 

Les adultes s’adressent-ils également à vous ?
Quelques adultes m’ont sollicitée parce qu’ils éprouvaient des difficultés pour rédiger une synthèse, des comptes rendus, prendre des notes... et ne progressaient pas à hauteur de leurs efforts. Là aussi, autant de situations d’échec qu’on a pu désamorcer en découvrant leur fonctionnement intime. 

 

Les centres de formation qui sont les lieux d’apprentissage des adultes pourraient-ils être également des lieux où intervenir ? 

C’est une remarque intéressante. De fait, les adultes donnent tous l’impression de savoir travailler et apprendre, ce n’est pas forcément aussi vrai. Et s’il existe des difficultés, elles vont persister au quotidien comme en formation continue... En s’assurant que chaque stagiaire et chaque formateur soit sensibilisé aux processus d’apprentissage, tous gagneraient en confiance, mais surtout en efficacité et productivité ! 

 

Vous dites souvent que c’est un travail « à deux » que vous menez...
Parce que c’est le cas... Dans ces séances de travail, je ne suis pas celle qui détient le savoir et dispense de généreux conseils ou quelques trucs et astuces. Ma place est de guider la personne que je rencontre, pour lui permettre de découvrir ses propres méthodes efficaces d’apprentissage. Nos entretiens sont à la fois une enquête et un jeu. 

 

Travailler sur le potentiel de chacun, avec des enfants de tout âge, c’est une chance non ?
Une chance absolument ! Ils sont « un bout d’humanité » et pas seulement des petits gamins coincés là, à un moment de leur vie. Ils arrivent empêtrés dans leurs difficultés et assez inquiets ; certains pleurent lors du premier rendez- vous. Une fois les obstacles levés, leur sourire est une récompense sans équivalent. Mon bonheur aussi. 

 

Article paru dans le Madinmag, octobre 2019

Crédit Photo : Jean-Albert Coopman

 

 

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