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  • Mathieu Rached (Madinmag)

Dédramatisons la fin d’année scolaire


On pensait avoir fait le plus dur, puis vint le déconfinement ! Le 11 mai n’a pas délivré les parents, ils vont devoir continuer à (ré)inventer le quotidien.

Après la crise, cela devait être le retour à la normale, c’est finalement un nouveau challenge d’organisation, de dialogue et de confiance pour des familles éprouvées par 57 jours de confinement. Sollicitée par des parents inquiets ou dépassés, Sylviane Eugène, experte en méthodologie d’apprentissage, prend la parole dans EWAG et donne des clés pour ne pas perdre pied.


  • « Vous faites ce que vous pouvez »

Cela pourrait résonner comme une résignation, c’est en réalité la « stratégie » à adopter, sans hésiter. Malgré l’implication des enseignants à assurer la continuité pédagogique et la réouverture en cours d’une partie des établissements, beaucoup de parents ont dû, malgré tout et malgré eux, s’improviser maîtres d’écoles, professeur d’histoire, de mathématiques, de français, d’espagnol... Et depuis 10 semaines, les meilleures intentions ne résistent pas toujours à la réalité du quotidien. Alors « vous faites ce que vous pouvez » doit devenir votre mantra, pour dédramatiser et passer le cap, garder une cellule familiale saine, unie, imparfaite et vivante.

  • « Travail, famille, école ».

Dans des situations radicales, face au séisme social, économique, sociétal de la crise Covid- 19, il est important de hiérarchiser ses besoins On ne peut tout mener de front, ni tout réussir, en continu, jour après jour, heure après heure. On le peut encore moins avec une société aux règles de vie nouvelles, transitoires, parfois en chantier comme en témoignent les contraintes qui encadrent l’ouverture des écoles, des centres aérés, des clubs de sport, l’organisation des vacances, etc. Choisir ses priorités, c’est assumer que dans un foyer, l’activité professionnelle des parents puisse être la priorité, tout comme ce qui nourrit, apaise, réunit la cellule familiale. Une fois ces 2 priorités acquises, l’école et l’apprentissage pédagogique peuvent alors s’envisager avec plus de facilité et de sérénité.

  • Assouplissez ensemble les règles de la maison

Fixez en famille de nouvelles règles, en précisant qu’elles sont valables pendant la crise sanitaire. Vous pourrez par exemple tolérer un temps plus long à regarder les écrans, accepter que la chambre ne soit rangée qu’une fois par semaine, modifier les horaires de réveil… Cet assouplissement permet de compenser le stress causé par la crise et la charge de travail scolaire à faire à la maison.

  • Les règles ont changé.

La distinction banale entre « le monde d’avant » et « le monde d’après » concerne également le monde de l’éducation, de l’enseignement et de loisirs. Concrètement, le cadre et le

rythme de vie quotidienne ont changé, les familles doivent pouvoir s’adapter et faire preuve de souplesse dans leur mode de fonctionnement et dans leurs exigences surtout. Un seul exemple, commun à toutes les familles : les critères du temps passé devant les écrans ont volé en éclats. C’est une réalité, tous les enfants ont multiplié par 2, 3 ou 4 ou 5, le temps passé devant les tablettes, smartphones, ordinateurs et télévision. Pas la peine d’y rajouter un brin de culpabilité ou de drame. L’important consiste à expliquer à nos enfants qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle, avec certaines libertés et certains usages inédits, qu’il faudra abandonner petit à petit, à mesure que la vie se normalise.

  • Gardez des rituels.

C’est avant tout notre responsabilité en tant qu’adulte et parent : maintenir les repères. C’est le socle et la solution refuge pour toutes les familles. Horaires du lever, du coucher, temps pour les loisirs, l’activité physique, temps passé devant ses cours et révisions... garder un fil rouge, un modèle d’organisation structure et consolide l’univers intime et familial de chacun. Attention, les rituels seuls ne suffisent pas. Ce qui compte, c’est de réussir à mettre de la joie, à faire exister des moments ludiques dans son foyer... quitte à en faire son propre rituel.


Diplômée en neurobiologie et en école de commerce, formée à la gestion mentale, Sylviane Eugène révèle leur potentiel aux enfants, du CP aux classes prépa, et même après.


Article paru dans le #Madinmag Mai2020